La pissaladière niçoise, une recette au bon goût de vacances
Par Anne Fabienne Gilles.
Pour tous ceux qui ont eu, comme nous, la chance de
déguster une pissaladière cet été à l’ombre d’un pin, arrosé d’un rosé bien
frais (Côtes de Provence) et pour les autres…
Voici, avec un brin de nostalgie, la recette
traditionnelle de la Pissaladiera.
Tout d’abord un peu d’histoire, le nom pissaladière tient son origine d’une préparation à base de poissons appelée la poutine. Je ne résiste pas à vous donner intégralement sa recette, tirée de mon précieux bouquin - il appartenait à ma tatan Yvonne, mon arrière-grand-tante- "La Cuisinière Provençale" de J-B.Reboul, un régal de lecture, à dénicher dans une brocante !
(Lou pissalai) : "Cette préparation, dont
les pêcheurs du littoral méditerranéen entre Cannes et Menton ont seuls la
spécialité est une purée de tout petits poissons nommés la poutine.
Ces poissons sont entassés dans des barils en
couches alternées avec du sel demi-fin, à la façon des anchois dans le tonneau,
avec un poids dessus, ils sont ainsi abandonnés à eux-mêmes durant 8 jours
environ.
Passez ensuite ces poissons au tamis ;
éclaircissez la purée obtenue avec quelques cuillérées de saumure ;
ajoutez quelques clous de girofle et mettez dans des pots de verre, ceux-ci
recouverts de parchemin ; conservez dans un lieu frais."
Les traditions se perdent, et le pissalat se trouve
de plus en plus rarement. On utilise de nos jours la crème
d’anchois pour le remplacer.
La recette pour 6 personnes
Il faut 400
grammes de pâte à pain, commandée la veille chez votre boulanger,
2,5 kilos d’oignons blancs, évitez les oignons
paille car ils ne fondent pas complètement à la cuisson.
4 cayeux d’ail entier et non pelés
Quelques brins de thym, d’origan, de sarriette,
feuilles de laurier
50 grammes de pissalat, vous pourrez, en cherchant
bien dans le Vieux Nice, vous en procurez. Sinon remplacez-le par de la crème
d’anchois, la consistance est quasiment identique.
10 dl d’huile d’olive vierge extra.
24 petites olives noires de Nice,
12 filets d’anchois AOC de Collioure au sel dessalés
ou à l’huile.
Le déroulement de la recette est assez simple.
Pétrissez la boule de pâte à pain en incorporant 2
cuillerées à soupe d’huile d’olive pendant 5 minutes. Mettez ensuite la boule
dans un saladier, recouvrez d’un torchon et laissez reposer 1 heure.
Pendant ce temps pelez puis émincez les oignons.
Faites les fondre à feu très doux dans un grand faitout avec l’huile d’olive,
les cayeux d’ail non pelés, le thym, le laurier, la sarriette, l’origan jusqu’à
l’obtention d’une compote. C’est long, environ 2 heures, et de plus il faut
veiller à ce que les oignons ne brûlent pas !
Au bout d’une heure de cuisson, étirez la pâte à la
main pour former un cercle avec bord de 30 cm de diamètre et 3mm
d’épaisseur. Mettez la sur une plaque de cuisson humide et laissez-la lever
durant la deuxième heure de cuisson de la compote d’oignons.
Préchauffez votre four thermostat 7, 210°, et
enfournez votre fond de pâte durant 10 minutes.
Pendant ce temps, retirez les cayeux d’ail et les
aromates de la compote d’oignons.
Mélangez les oignons avec le pissalat ou la crème
d’anchois, rectifiez l’assaisonnement, attention au sel ! Etalez sur le
fond de pâte à l’aide d’une écumoire. Décorez avec les olives noires et les
filets d’anchois.
Arrosez d’huile d’olive et enfournez le tout durant
15 minutes, en gardant les mêmes réglages pour le four.
Poivrez la pissaladière à la sortie du four.
Elle se déguste chaude ou froide à l’apéritif, comme
entrée ou en plat principal, accompagnée d’une salade de chèvre.
C’est un peu long à préparer, mais prenez le temps, avec un peu d’imagination au moment de la déguster, vous vous retrouverez à nouveau en vacances !
Anne-Fabienne Gilles


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