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samedi, 09 avril 2005

Plantation du 200e arbre sur le boulevard Jourdan dans le 14e

11 heures, ce samedi matin, la presse était convoquée pour assister à un bel événement : la plantation, en grandes pompes, du 200e arbre aux abords des maréchaux, un micocoulier bourgeonnant de 5 mètres de haut. Le premier magistrat de la ville, Bertrand Delanoé, ses adjoints à l'environnement, aux transports et à la voirie, Yves Contassot et Denis Baupin, le maire du 14e Pierre Castagnou et Anne-Marie Idrac, présidente directrice générale de la RATP s'étaient déplacés pour l'occasion. Très seyants, dans leurs vestes de chantier jaune. Longue explication au micro sur la technique de plantation de ces arbres, leur belle motte qui permet d'éviter les haubans. Puis l'engin de levage a soulevé le micocoulier pour le placer dans son trou. La pelletée de terre symbolique, et le 200e arbre commençait à pousser gentiment.


Ça ne compense pas encore les 400 arbres abattus pour les besoins du chantier du tramway mais il fallait en passer par-là. En tout, ce sont mille arbres dont 120 à fleurs qui seront plantés autour des aménagements du tramway, 600 sur les 7,9 kilomètres du tracé sur les maréchaux et 400 dans les rues adjacentes. A la fin du mois ou au début du mois de mai, nouvelle opération séduction : quelques mètres carrés de gazon seront posés dans le 15e, à hauteur du Pont du Garigliano. Le gazon, pour le moment, pousse gentiment du côté de Bouron Marlotte en Seine et Marne. La RATP a heureusement prévu un système d'arrosage automatique et compliqué. Grâce à des capteurs reliés à une station météo, le gazon recevra juste la quantité d'eau nécessaire, ni plus, ni moins. C'est beau le progrès ! J'ai encore du mal à imaginer ce tramway roulant sur son tapis de gazon sans l'abîmer avec l'huile ou la graisse qui tombera de ses roulements, mais, c'est sans doute parce que j'ai eu beaucoup de déboires avec un gazon qui ne voulait pas pousser comme sur la photo.

Je n'avais pas tout à fait compris l'intérêt de faire un tramway sur les maréchaux plutôt que sur la petite ceinture ferroviaire, maintenant je sais : c'était pour faire un grand jardin de 7,9 kilomètres, avec du gazon et des arbres à fleurs. En fait, le tramway est un accessoire, un peu comme les petits trains dans les villes touristiques, pour visiter plus confortablement les maréchaux, devenus bucoliques.

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Le micocoulier

Quel est donc ce micocoulier que les services municipaux des parcs et jardins ne cessent de planter le long du tracé du futur tramway des Maréchaux ?

Les Provençaux dont je suis le connaissent bien ce "celtis australis" autrement dit micocoulier de provence.
De belle hauteur entre 10 et 20 m voire plus si on le laisse faire, son tronc gris avec son écorce plissée de travers, le fait ressembler à la trompe d’un éléphant. Du début du printemps à la fin de l’automne, il offre un feuillage abondant. Ses feuilles ovales et dentées mesurent 15cm de long et 5cm de large.
Ce micocoulier est un arbre généreux et ses utilisations sont multiples.
Que vous soyez musicien, pêcheur, cavalier, agriculteur ou simple promeneur, vous avez sans doute eu dans vos mains un instrument à vent, une canne à pêche, une cravache, des manches d’outils, une canne, en bois souple mais résistant, c’est du micocoulier.
A Sauve, petit village du Gard, perdure la seule production artisanale de fourche en bois de micocoulier d’Europe.
Nos grands-mères mettaient ses fruits en forme de petites olives de 1cm, les micocoules, à macérer dans de l’eau de vie pour en faire une liqueur très appréciée le soir au coin du feu. Sans oublier l’huile comestible que l’on extrait de ses graines. Ses feuilles servaient de fourrage aux animaux, tandis que ses racines étaient utilisées pour faire des outils rudimentaires comme des maillets ou des manches de couteaux.
Quant à son écorce, elle donne une teinture jaune foncé utilisée autrefois pour teindre les tissus.
Usages du temps passé, certes, mais notre micocoulier est un arbre robuste dont la résistance à la pollution des villes le rend aujourd'hui champion des arbres urbains.
Il a été choisi  à Paris pour orner, mais aussi protéger de son ombre généreuse les promeneurs et les passants des boulevards. 
Et même s’il craint les gelées, souhaitons longue vie au micocoulier planté ce matin devant le parc Montsouris.

Anne-Fabienne Gilles


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